L’ABEILLE NOIRE

APIS MELLIFERA MELLIFERA

 

Origines de l’abeille noire :

Les premiers insectes sont apparus bien avant les dinosaures, il y a 450 millions d’années, et il aura fallu attendre 100 millions d’années encore pour voir apparaître les hyménoptères (les insectes ailés). Les premières abeilles sont probablement apparues pendant l’évolution et la diversification des angiospermes (les plantes à fleurs), il y a environ 120 à 100 millions d’années pendant le crétacé.

Au début solitaires et restreintes dans le butinage de certaines fleurs, elles ont évolué en devenant des pollinisatrices pour un nombre toujours plus croissant de fleurs en même temps qu’elles développaient leurs techniques de construction. On parle d’ailleurs de coévolution puisque les fleurs ont évolué en même temps.

Le plus ancien fossile d’abeille découvert à ce jour date de 100 millions d’années. Retrouvée piégée dans un morceau d’ambre provenant d’un gisement en Birmanie, et baptisée Discoscapa apicula elle est considérée comme la plus vieille espèce du genre jamais découverte.

 

Crédits : George Poinar Jr., OSU College of Science.

Son fossile conservé dans l’ambre contient du pollen, dont certains grains sont même accrochés aux pattes de l’insecte. Son observation tend donc à prouver la théorie selon laquelle la famille des abeilles a évolué à partir de celle des guêpes dites apoïdes, uniquement carnivores.

Des fossiles tels que celui de Discoscapa apicula peuvent nous permettre de mieux comprendre les changements qui ont poussé les premières guêpes à devenir palynivores – mangeuses de pollen.”

Source : Communiqué du paléonthologue George Poinar 

Après le mésozoïque où il y avait un climat tropical jusqu’il y a 30 millions d’années, le climat se refroidit et les abeilles se déplacent pour se réfugier au sud de l’Asie. C’est durant cette transition que les abeilles auraient commencé à mettre le couvain dans des endroits abrités afin de le protéger

Elles regagnent par la suite des régions plus froides en Europe grâce à cette nouvelle capacité de protection, tout en profitant du climat qui devient plus clément en se réchauffant comme l’atteste la présence de fossiles d’Apis en Allemagne et dans le sud de la France datant de 20 millions d’années.

Répartition géographique :

Pourquoi réintroduire l’abeille noire en apiculture ?

Elle ne représente plus aujourd’hui que 10% de la population des abeilles mellifères en France !

Afin de la sauvegarder, une quinzaine de conservatoires ont été créés dans l’hexagone par des passionnés. Le premier fût celui de l’île d’Ouessant en 1989. Eloigné du continent et bénéficiant d’un environnement sans pesticide, ce sanctuaire breton est une référence en la matière.

Mais cela n’est pas suffisant car depuis plus de 50 ans l’abeille noire est négligée par le monde apicole lui préférant des espèces plus productives d’importation.

Dans les années 60 c’est l’abeille jaune (apis mellifica linguista) la belle italienne, qui avait les honneurs. Puis dans les années 70-80 c’est l’abeille grise (apis mellifica caucasica) la besogneuse de la région du Caucase qui était à la mode. L’abeille brune (apis mellifica carnica) de Slovénie a eu son époque glorieuse dans les années 90.

 Afin d’obtenir des récoltes de plus en plus importantes, les apiculteurs ont sélectionnés des abeilles produisant des colonies très populeuses, démarrant rapidement au printemps, essaimant le moins possible et douces comme des agneaux… l’abeille idéale en quelque sorte !

De nos jours c’est la Buckfast@ (marque déposée) qui peuple principalement les ruchers. Créée par homme, en croisant les différentes espèces en laboratoire, elle nécessite une sélection continue afin de cumuler le maximum de qualités des différentes lignées dont elle est issue, tout en écartant leurs défauts.